21 mai 2015

amen'donné, j'ai vu 'Le Fils à Jo'

A ma grande surprise, j'ai bien aimé 'Le fils à Jo', le film de Philippe Guillard. C'est un film très simple, très sympa, qui présente bien la vie dans les petits villages de chez nous, et surtout les villages où le rugby est roi.
Il y a une bande de potes qui jouaient au rugby quand ils étaient jeunes, le seul sport du village, et qui, ensuite, ont fait leur vies plus ou moins bien, ici ou là. L'histoire, je vais pas la raconter, vous avez qu'à voir le film.
Mais ce qui m'a plu c'est que c'est un film vrai, pas un film de parisien. En règle générale, les films français, à part les comédies, j'en regarde pas des masses, parce qu'ils me gonflent avec leurs histoires de bobos... trop chiant. Et les films 'régionaux', y en a pas beaucoup. Et les films sur le rugby, encore moins.
Donc oui, un film vrai parce que c'est une petite histoire à la con, celle d'un mec qui vit encore dans le passé, qui a été une 'star' dans son village, et qui n'est jamais arrivé à vivre dans le présent et donc encore moins capable de se projeter dans le future, et des mecs comme ça, il y en a dans tous nos villages du sud... Un film vrai parce qu'il a été filmé chez nous, pas loin de Gaillac : la route nationale bordée de platanes, les bourrins qui ont trop bu à la fête du village et qui finissent la soirée en bastonade géante, les anciens joueurs qui se font gauler par les flics avec 3 gr dans le sang mais qu'on laisse passer (oui, je sais, c'est pas un bon message à faire passer mais en un sens, ça se passe souvent comme ça), et puis le sport, les potes, la passion, le jeu..... ben comme dans n'importe quel village du sud.
alors, amen'donné, j'ai vu 'Le Fils à Jo', et j'ai bien aimé.

19 mars 2012

L'effet Tilt-Shift ou le monde en miniature

On commence à le voir un peu partout, dans les pubs et les clips vidéo, cet effet de monde en miniature, comme si, avec du recul et de la hauteur, on regardait une maquette. C'est ce qu'on appelle le tilt-shift. Utilisé en photo comme en vidéo, pour le réaliser il faut des lentilles à bascule qui coûtent bonbon. Sinon, il faut passer par les logiciels de retouche classiques comme Toshop pour la photo ou AE pour la vidéo.
Je suis tombée sur pas mal de tutoriaux en anglais, mais je n'ai pas vu grand'chose en français.
Si vous pigez la langue de Shakespeare, regardez celui de  Gavin Hoey sur Youtube. Clair, net et précis.
Du coup, je vais vous faire un petit tuto en français. Et en plus, c'est gratos.

Voici la photo d'origine (rien de spécial, photo de touriste basique) :


et voici le résultat final :




Avant de commencer....
Il est primordial de choisir une photo prise de haut. Il m'a fallu une heure pour en trouver une qui marchait dans les centaines, pfffff les milliers, de photos de ma photothèque. Et aussi un plan large, pour avoir vraiment l'impression de regarder une maquette.


Les différentes étapes
Le grand secret du Tilt-Shift, c'est la réduction (volontairement exagérée) de la profondeur de champs. Si vous avez un objo à bascule, style lens baby, vous pouvez le faire directement avec l'appareil, sinon, il faut passer par un logiciel de retouche pour recréer un flou artificiel et réduire la profondeur de champs.
Le petit secret du Tilt-Shift, c'est la saturation à outrance des couleurs. Et là aussi, il va falloir passer par un logiciel de retouche.

1. Donc j'ouvre ma belle photo de touriste dans Toshop...


2. Je duplique le calque de la photo car il me faut, au final, un calque sur lequel je vais appliquer un masque, et un calque sur lequel je vais appliquer ma correction colorimétrique.



3. Je sélectionne le calque que je viens de dupliquer (celui au dessus du calque nommé 'arrière-plan) et j'y applique un masque (dans la palette des calques, c'est la 3e icône à partir de la gauche.... celle qui ressemble à un rectangle gris avec un cercle blanc au milieu).


Maintenant, sur ce calque, j'ai 2 vignettes : vignette de la photo et vignette blanche (le masque)

4. Maintenant, je vais appliquer un dégradé à notre masque (là, c'est vrai, c'est un peu le binze pour les néophytes...)

D'abord, il faut bien sélectionner la vignette blanche dans le calque du masque.
Ensuite, dans la barre d'outils (normalement sur la gauche du plan de travail), on sélectionne l'outil de dégradé (si vous le voyez pas, il est avec le pot de peinture). Quand on sélectionne l'outil de dégradé, le menu contextuel (en haut) change et nous donne des options de dégradé.... 
Là il faut choisir le dégradé linéaire (4e icône à partir de la gauche) ET choisir un dégradé qui va du noir au transparent.
Enfin, on peut appliquer le dégradé à notre image..... là, va falloir un peu bidouiller.....

Une fois le dégradé appliqué, notre vignette blanche ressemble à ça :


5. Ensuite, je sélectionne la vignette photo (toujours dans le calque du masque) pour y appliquer un gros flou... Attention de pas zapper cette étape, sinon ça marchera pas.


Et dans le menu principal, je vais sur FILTRE, puis ATTÉNUATION, puis FLOU DE L'OBJECTIF :


Et j'arrive sur cette fenêtre :

Dans les options (colonne de droite), attention de bien choisir, sous PROFONDEUR, la source qui doit être  MASQUE DE FUSION (sinon, ça fait tchi...). Et dessous, on peut régler la profondeur de champs.... A vous de voir, selon la photo.
Une fois les réglages faits, cliquez OK.
On se retrouve sur notre plan de travail, avec nos 2 calques, et là, on peut voir que la zone qui est noire dans la vignette du masque est nette sur la photo; en revanche, la zone blanche de la vignette du masque est floue sur la photo. 

6. Enfin, je vais ajuster la colorimétrie de mon calque de base....
 
Le but, ici, est de saturer les couleurs comme sur une maquette. Plus les couleurs sont saturées, plus on obtient un effet de faux, de jouet, de plastique. On peut simplement travailler avec un calque de réglage, ici TEINTE/SATURATION. Remonter le contraste peut être également utile. Encore une fois, cela dépend de votre photo.

Petit zoom avant et après, pour bien voir les effets....





Ben voilà, vous savez tout. C'était mon premier essai avec le Tilt-Shift. Maintenant que je maîtrise la technique de base, je vais sortir faire deux ou trois bonnes photos... et puis après, je me lance dans la vidéo... 

24 août 2011

La légende de Saint-Aphrodise

Et voilà, c'est enfin fini, le tant-attendu documentaire sur St-Aphrodise, saint et martyr céphalophore, premier évèque de Béziers, arrivé d'Egypte sur son chameau (lou camel de Besiers, plan plan).





Ben oui, des années de boulot pour 11 min. 25 de docu, euh, pas très rentable cette histoire. Explication.


1. Le pourquoi du comment
J'ai grandi à Béziers. J'ai toujours vu le chameau de bois tiré par un mec habillé en blanc, de sortie lors du corso et des fêtes de la treille.
Mais de St-Aphrodise, je ne connaissais pas grand'chose. Pourtant j'ai été baptisée dans l'ancienne basilique portant son nom ! Ah si, je me souviens vaguement d'une kermesse sur la place St-Aphrodise quand j'étais gamine. Je ne sais d'ailleurs pas ni pourquoi ni comment je me suis retrouvée là, accompagnée de ma mère et certainement de ma grand-mère, car c'était pas vraiment notre quartier et ma famille n'était pas particulièrement religieuse!
Bref, j'ai grandi à Béziers sans trop savoir qui était Aphrodise. Puis je suis partie ailleurs et loin, et j'ai vite oublié le saint et son chameau.

De retour à Béziers depuis quelques années, j'habite le quartier St-Aphrodise. Déformation non pas professionnelle mais plutôt académique - à la fac, j'ai étudié la philo et l'histoire des religions, en particulier l'histoire chrétienne - je suis fascinée par cette ancienne basilique que je vois tous les jours et surtout par notre saint patron.
J'ai donc commencé mes recherches il y a quelques années maintenant et je me suis aperçue qu'en parlant aux gens autour de moi, beaucoup ne connaissaient pas grand'chose d'Aphrodise non plus. La vidéo étant la façon la plus ludique de partager les informations les plus barbantes, je me suis lancée dans la réalisation de ce petit documentaire.


2. Le texte
Mon documentaire est un résumé de la très compliquée légende de St-Aphrodise, et est basé sur le livre de l'Abbé Coste, "Saint Aphrodise - Apôtre de Béziers et son Eglise à travers les âges", publié en 1899.

Dans cette oeuvre magistrale, Coste reproduit un texte monographé ID.G. de 1638 intitulé "Histoire de la vie, mort et miracles de Sainct Afrodise, hoste et disciple de jésus-Christ, martyr et premier evesque de Béziers, en Languedoc". Ce texte est typique de son époque : aucune note, aucune preuve, aucun souci de différencier l'histoire de la légende.... enfin, c'est un pur texte hagiographique.
Pour moi, le génie de Coste a été de savoir transcender l'hagiographie, sans pourtant la dénigrer. Ce qui rend son oeuvre phénoménale, c'est qu'il a pris le temps d'annoter le texte de 1638, de toutes les sources historiques connues à son époque. Alors, il est vrai que pour le néophyte, le livre de Coste n'est pas très digeste, mais pour le chercheur, c'est une vraie mine d'or. D'ailleurs ma copie est maintenant dans un état pitoyable!

Ma plus grande préoccupation dans l'écriture du script a été de garder une certaine fluidité quant à la chronologie parfois confuse de l'hagiographie. Le texte original se contredit ici et là, et l'ajout des notes de Coste ne simplifie pas les choses. D'ailleurs, j'ai essayé de préserver un peu de cette ambiguïté de la légende dans la section du documentaire qui parle du voyage d'Aphrodise jusqu'à Béziers. Ces contradictions historiques feront l'objet d'un autre documentaire.....


3. La recherche iconographique
Alors, pourquoi 2 ans de boulot pour un documentaire de moins de 12 minutes ?
C'est très simple : la paucité d'images relatives à la vie d'Aphrodise.

Le plus simple était le festival..... bon, il faut attendre le 28 avril de chaque année et espérer que le soleil soit au rendez-vous, mais vraiment, cela a été le plus facile. Idem pour les rues et les sites biterrois.

Ensuite, pour les images d'illustration de la vie de Jésus, des apôtres, du monde antique etc, entre les oeuvres d'art dans le domaine public et mes propres photos in situ, c'était pas trop compliqué, quoique chronophage.

Enfin, les images d'Aphrodise...... alors là, il y a  très peu de visuels représentant Aphrodise, donc il a fallu d'abord les localiser et puis il a fallu attendre le moment opportun pour pouvoir filmer/photographier. Les plus impressionnantes sont dans l'église qui n'est malheureusement pas ouverte au public, sauf lors des Journées du Patrimoine ou de la Fête de St-Aphrodise : les vitraux au-dessus de l'autel, dans la partie gothique, qui retracent la vie d'Aphrodise. Il y a 4 ou 5 statues d'Aphrodise céphalophore visibles à Béziers, outre celles du Musée du Vieux Biterrois. Et le plus beau, car récemment retrouvé et restauré (par Véronique Dauphin sous l'égide des Amis de St-Aphrodise) le tableau d'Aphrodise portant sa tête après son martyr, exposé au Musée des Beaux Arts.


4. En conclusion....
Il est vrai que ce petit documentaire n'est qu'un résumé. J'ai très peu abordé la question des miracles, donc celui des escargots (merci à ceux qui m'en ont parlé.....). Alors, cela veut dire que je vais devoir faire d'autres petits documentaires, plus ciblés, sur les détails de la vie de notre saint. Tout comme les questions plus historiques que je n'ai pas encore résolues, comme l'identité de ce Pierre de la Barthe, ou de papari.
Donc saga à suivre!


10 février 2011

Le VRAI secret des Textures

Il y a quelques mois, j'ai commencé à me pencher sur la question de ces fameuses textures, connues en anglais sous le nom de 'flypaper textures', qui sont de plus en plus utilisées par les photographes, pour donner un côté plus artistique à leurs photos... comme ci-contre.
Je fais de la photo numérique depuis un moment maintenant, je suis graphiste donc j'ai accès à Photoshop, et vu qu'il y a pas mal de monde qui gagne du fric ce style art, et bien je me suis dit, 'Aline, ma fille, qu'est-ce que tu attends pour t'y mettre ?'

Comme j'avais aucune idée de la marche à suivre (techniquement) pour créer ce style d'image, j'ai farfouillé dans les moindres recoins de l'internet, pour trouver des tutos... Parce que sur l'internet, il y a tout. Et si c'est pas sur l'internet, ben c'est que ça existe pas.
Je cherche, je cherche, je cherche.... toujours les mêmes sites et blogs qui montent, en anglais principalement. Je suis finalement tombée sur un site en français mais qui n'était pas très instructif au final.
Pourquoi? Et bien, c'est tout bête : il y a deux styles de sites/blogs. Ceux qui expliquent les étapes mais qui parlent en language crypté. C'est à dire que pour comprendre les tutos, il faut d'abord être en possession de textures et que pour avoir ces textures, il faut les acheter au mec ou à la gonzesse qui fait le tuto. Et comme les textures ont des noms plutôt exotiques comme 'brouillard d'un matin d'automne' (généralement en anglais, en plus), on y comprend tchiboun. Pas très sympa, je leur fais pas de pub à eux.
Ou il y a ceux qui expliquent en survolant les étapes, comme le site français que j'ai trouvé. Mais, il, au moins, il a le mérite de filer des liens vers des textures à télécharger... Ce qui est super sympa et assez rare pour le souligner - alors, je lui fais de la pub : c'est Nature Photographie.

Sans textures et sans bon tuto, j'ai pris mon mal en patience et j'ai étudié ce que les autres avaient fait, pour essayer de comprendre. J'ai commencé à faire mes propres textures dans Photoshop, à partir de formes et de photos. Pour cela, j'ai photographié plein de surfaces chez moi : papier, bois, mur, etc. Et je me suis lancée. Il y avait des textures qui marchaient et d'autres moins. Certaines marchent mieux avec un style de photo.... Enfin, c'est assez amusant bien que ça prenne pas mal de temps.
Voici donc un petit tuto gratos ET je vous montrerai même mes textures.
ET, je vous montrerai comment faire vos propres textures (lien vers tuto en fin d'article). Je vais pas me faire des amis mais bon....


ETAPE 1
Photo brute d'une rivière que j'ai pris dimanche dernier pour essayer mon nouvel appareil. Il faisait beau et je suis allée me balader le long de l'Orb. L'eau était assez claire pour obtenir un bon reflet à la Atget. Sinon, la photo en elle-même, euh, rien de transcendent.


Généralement je garde l'image brute, sans faire de correction colorimétrique. Déformation professionnelle certainement mais je passe de suite en CMJK au lieu de conserver le RVB de l'appareil photo. Vous n'êtes pas obligé mais, vu que l'on va travailler avec les modes de fusion des calques, vaut mieux être prévenu... Sinon, si vous voulez imprimer votre oeuvre, il vous faudra d'abord l'aplatir puis la convertir en CMJN.
Donc dans Photoshop, CALQUE 1 = photo.


ETAPE 2
Maintenant, ça se corse comme dirait Napoléon (oui, c'est nul....). Le plus dur est de choisir les textures à appliquer. Perso, j'en essaie plusieurs jusqu'à ce qu'il y en ait une qui transforme vraiment la photo. Après, j'en ajoute deux ou trois de plus pour améliorer le tout.
J'ai fais plusieurs compositions avec cette texture, surtout sur la série des Turner (si vous voulez voir, c'est sur Redbubble et Flickr), texture qui donne un effet de toile.

CALQUE 2 = texture toile
J'ai changé le mode de fusion de ce calque de NORMAL à DENSITE LINEAIRE+ avec une opacité de 54%.
J'ai aussi ajouté à ce calque un filtre photo jaune.


ETAPE 3
A ceci, j'ai ajouté une autre texture qui ressemble à du vieux papier sali :

Donc CALQUE 3 = vieux papier
J'ai changé le mode de fusion de ce calque de NORMAL à DENSITE LINEAIRE+ en gardant l'opacité à 100%.


ETAPE 4
Encore une texture qui ressemble à une vielle nappe sale et tachée :
CALQUE 4 = nappe sale
J'ai changé le mode de fusion de ce calque de NORMAL à DENSITE LINEAIRE+ avec une opacité à 73% (avec une symétrie horizontale pour que les 'taches' soient plus équilibrées par rapport aux zones foncées de la photo).


ETAPE 5
Ben voilà, une oeuvre digne des grands maîtres flamands, Atget possédé par l'esprit de Rembrandt...


C'est tout con mais ça claque ....


Vous voulez voir d'autres créations ? Rendez-vous sur : beyond photography / au delà de la photo.
Vous voulez apprendre à créer vos propres textures ? Je vous ai préparé un second petit tuto.

(le même article en anglais sur The den of equity)

21 mai 2010

Le sport, les filles et la télé

J'aime le sport. Depuis toujours. Et surtout à la télé. Car oui, je l'admets, je suis un peu trop feignasse pour aller transpirer sur un terrain un dimanche matin (ou après-midi), surtout s'il y avait un match à la télé la veille.

Je pense que je tiens cette passion de mes grand-parents paternels. Quand ils nous gardaient l'été, alors que mes parents bossaient, il y avait soit du foot, soit du tennis, soit du cyclisme à la télé. Enfin, du vélo, on disait pas cyclisme chez nous. Le vélo donc, ça me gonflait, un peu trop molasse quand on a 10 ans. Il me semblait que le Tour de France durait 6 mois. Et d'ailleurs, il m'a fallu jusqu'à l'année dernière pour avoir assez de patience pour regarder une grosse partie des étapes …. à la télé. Puis je voulais voir Armstrong perdre, donc je me suis forcée.
Revenons à nos moutons, oui, il y avait le foot et le tennis, mes préférés à l'époque. Chez nous, dans le quartier, dès que le printemps arrivait, on était tous dans la rue à taper dans un ballon (généralement pas un ballon de foot mais plutôt une rougnasse à moitié dégonflée) comme Platini, Rocheteau ou encore Kempes et Maradona ou alors, à se prendre pour Bjon Borg ou Jimmy Connor, en faisant semblant de parler anglais et en courant derrière les balles qui ne cessaient de faire des faux rebords – en effet, pas facile de jouer au tennis sur une route farcie de caillasses.
Alors quand il y avait du foot ou du tennis à la télé …. chut. Mais à part pour les Jeux Olympiques peut-être, je ne me souviens pas d'avoir regardé d'autres sports à la télé. D'ailleurs, il y avait-il d'autres sports ? Pas chez mes grand-parents en tout cas.

A cette époque-là, je faisais du sport. J'étais un peu nulle mais bon, ça ne me dérangeait pas trop. Tennis, volley, handball (là oui, j'étais pas trop nulle), basket. Je voulais jouer au foot mais c'était pas très facile pour les filles dans fin 70-début 80. Un jour, j'ai vu une annonce dans le journal : un équipe de filles chercher des joueuses. Je devais avoir 13 ou 14 ans puisque je n'avais pas encore mon propre moyen de locomotion. J'ai appelé et le coach nous a donné rendez-vous le mercredi matin – ça devait être vers 9h – au stade municipal. Je sais pas comment j'ai fait pour m'endormir car j'étais trop excitée... J'avais même pas de crampons mais cela n'était égal. J'allais enfin m'entraîner pour jouer dans une VRAIE équipe... Le lendemain matin... matin, euh, vers 11h... je me réveiller. Oh que j'avais les nerfs. On m'avait laisser dormir; personne ne m'avait réveillé. J'avais raté le premier entraînement, et le dernier en ce qui me concernait. Et pourtant, je rêvais de jouer au foot mais ...

Dimanche, je vais au stade, comme on dit, voir un match de rugby - Béziers contre Nérac – un match des féminines. J'ai un copine qui joue. Alors que l'équipe première masculine continue sa pathétique et inexorable course vers le championnat amateur (ça me fait mal au cœur mais c'est vrai), les filles ont fait une super année et sont déjà promues. 2010, je vais voir un match de rugby de féminines. Énorme je dis. En 30 ans, les filles ont vraiment pris emprise du sport : bon, le tennis, bien sûr, mais aussi le foot avec les exploits de l'équipe féminine de foot des USA qui a vraiment lancé ce sport dans ce pays ancré dans le football américain, le baseball et le basket, et qui obtient de bien meilleurs résultats que les garçons; le basket, le hand et le volley, avec des équipes comme Cannes... Puis l'athlétisme, la natation, la voile, enfin, dans tous les domaines, les filles ont fait leur place.

Mais … parce qu'il y a toujours un 'mais' …. mais la parité laisse beaucoup à désirer en ce qui concerne la diffusion des tournois féminins à la télé, hormis pour le tennis. L'autre soir, aux infos, comme ça à froid, sans prévenir, on nous parle de l'Olympique Lyonnais.... mais des filles, qui sont en finale de la Ligue des Champions. Oh put1 …. y a personne qui réagit??? Les filles de l'OL en finale. Ben déjà, je savais pas qu'il y avait une équipe féminine et en plus, cette équipe est en finale …. Et c'est rediffusé sur quelle chaine, ce match ? Ben, je sais pas et je doute que ça le soit.

Alors je commence à calculer, à réfléchir, à me souvenir …. Oui donc à part Roland Garros, et généralement les gros tournois de tennis – et je pense que c'est vraiment parce que les garçons jouent aussi - quand avons-nous le plaisir de voir des rencontres sportives féminines? Les JO, oui, mais là aussi il y a les garçons. Les meetings d'athlétisme, oui, c'est comme pour le tennis et les JO. Idem pour le patinage. Et les sports en salle ? Oui, ça, de temps en temps, il y en a … mais en temps que spectateur, faut être assidu et à l'affut... style rediffusion à 11h du soir sur le câble ou le satellite. Ouais bon, j'attends encore que TF1 ou France Télévision diffuse la finale du championnat de handball féminin, européen même. Quant au foot ou au rugby féminin, ben y en a pas à la télé.

Alors peut-être, dois-je encore attendre 30 ans...